violent
bouffi de violence – et pourtant sidérant
projet solo de l’acteur yang ik-joon, exorcisme patent et du dragage des tréfonds il ramène des trésors d’émotion
personnage violent bouffé par sa violence, sa rage qu’il recherche chez les autres
moments de relachement muets, simples bouffées d’oxygène – la respiration avant les coups, avant le sang
la famille, le sang et les coups – le bonheur aux abonnés absent
et pourtant
et pourtant
on se prend à pleurer
et à l’aimer
violemment

Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? =:o))
Bigre, bigre !
Ce que tu en dis fait déjà impression …
J’y cours, je charge, je vois, illico.
Merci. A tout de suite.
miam !
Moi, je vais y aller sur la pointe des yeux, je ne suis pas sûre d’être en situation d’apprécier, mais…
Bien, Merci, je viens de finir de regarder « Breathless ».
Selon ma perception, c’est un film sur le silence, le refoulement, l’incompréhension de la vie intérieure, qui se traduisent par une inadaptation grandissante, la violence et le meurtre (réel ou symbolique) dans la vie extérieure-sociale.
Pour moi, à propos de ce film, il y a des mots clefs : errance partout dans la vie, incompréhension de soi même et d’autrui et de la société en général, le tout menant à complète solitude évidemment. Avec bien entendu, le sempiternel recours à a violence, puisque les rapports régissant cette société là ne connaissent pas d’autre langage !
Dans cette optique (c’est le cas de le dire !) la tenue de caméra erratique et flottante, heurtée, hachée, tremblée parfois, sert très bien le propos, est tout à fait adéquate. Je ne l’ai pas perçue comme un défaut, mais plutôt comme un avantage.
De tous ces personnages, aucun n’assume sa propre vie, chacun(e) selon ses capacités et son âge. Les plus âgés s’effondrent (alcoolisme des pères), car c’est trop tard pour eux, se réfugient dans la violence (les garçons), le courage et la ténacité (les filles), ou l’incompréhension totale, mais momentanée (l’enfant).
Une proposition majeure en ressort : ne jamais cacher la réalité à soi et aux autres, prendre soin de toujours expliquer, exposer, décoder, surtout aux enfants. Silence et refoulement ont porteurs de mort.
A défaut, on obtient, à terme, des inadaptés complets, à la société, à eux mêmes, envers leurs semblables, qui ne comprennent pas davantage : un amas de zombies … Ce qui n’est pas pour déranger la société du profit absolu et omnipotent du grand capital exploiteur mondialisé …
A certain moments , les plans fixes, les ralentis, la musique sur la fin m’ont rappelé Jim Jarmush.
Selon ma perception, un très bon film, généreux et salutaire, mais que sa crudité de ton et de facture risque de desservir.
Merci Freak !
(NB : j’ai fait passé à Cyp, pour le serveur, 3 films de Kim Ki-Duk)
ton analyse est intéressante – je la partage en partie mais je pense que peu de coréen seraient d’accord avec toi, notamment sur ta proposition majeure…
Tu as tout à fait raison pour l’accord coréen sur la proposition majeure. Elle est (évidemment) pétrie de culture occidentale. J’avais aussi perçu cette soumission polie, policée, cet accord social implicite, sous la forme de cette courbette respectueuse omniprésente, que je trouve d’ailleurs très jolie et attendrissante à mes yeux occidentaux.
Mais, toujours selon moi, en son équilibre social généré, cette éventuelle hypocrisie, contient et retient la violence interne. Violence interne qui explose ensuite ailleurs, sur des innocents sans défense si possible.
Et ces mêmes enfants, blessés par l’irresponsabilité éthylique des pères, n’arrivent pas à autre chose que la reproduction des sévices qui les a détruits. Il en est d’ailleurs de même pour les enfants occidentaux violentés. Nous n’avons pas affaire à un travers spécifiquement oriental. On touche également, dans deux scènes, au meurtre freudien du père.
De toute façon, ce film reste très riche d’un point de vue psycho-social, comme dans toute œuvre généreuse et foisonnante, de multiples lectures s’y appliquent. C’est là son mérite. Et pour le savourer il faut aller au delà de cette violence omniprésente.
Moi, je vais y aller sur la pointe des yeux, je ne suis pas sûre d’être en situation d’apprécier, mais…